DĂ©claration liminaire de la FCPE 91 au CDEN du 22 juin 2011

23 juin 2011
Par

CDEN du 22/06/2011

Déclaration de la FCPE de l’Essonne

Monsieur le Préfet,

Monsieur l’Inspecteur d’Académie,

Mesdames et Messieurs les Ă©lu(e)s

Mesdames et Messieurs les représentant(e)s

Alors que nous nous apprêtons, au sein de ce CDEN, à préparer la rentrée scolaire 2011-2012, des milliers de parents et d’enseignants manifestent leur colère face à la politique de suppressions successives de postes et de réformes inégalitaires et rétrogrades.

Avec la politique mise en œuvre dans l’Education Nationale depuis des années et les 16 000 postes supplémentaires qui sont supprimés au niveau national, la rentrée 2011 s’annonce catastrophique dans notre département de l’Essonne. Les effets des suppressions seront immédiats sur la taille des classes, sur la scolarisation des enfants de deux-trois ans – qui baisse d’ailleurs d’année en année -, sur l’aide aux élèves en difficulté, sur le fonctionnement des services et l’offre d’enseignement….

Nous ne trouvons, dans les propositions qui sont faites en matière d’ouverture et de fermetures, qu’une simple résonnance des décisions nationales.

Suppressions de postes, regroupement d’écoles, remplacements mal assurés tant d’enseignants que des autres personnels éducatifs, autant de mesures dictées par la seule volonté de faire des économies. Nous sommes des parents responsables et ne supportons pas les gâchis quand il y en a. Et là, si gâchis il y a, c’est dans le développement du potentiel des élèves qu’il se trouve.

Comment pourrions nous accepter, quand on sait l’importance de l’école maternelle et élémentaire sur la poursuite des études, de voir fermer des classes, de voir d’autres classes toujours un peu plus chargées ; de voir plus généralement les conditions d’enseignement se dégrader ?

Cette application de la RGPP, avec l’objectif de non remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite, conduit à une baisse générale de la qualité de l’éducation.

Pour la FCPE 91, cette logique comptable, conjuguée aux réformes rétrogrades de ces dernières années, constitue une remise en cause de l’école républicaine, publique, laïque et gratuite. Elle met en péril l’avenir de milliers d’enfants et de jeunes.

Car c’est d’abord l’éducation prioritaire qui est victime de cette politique avec la généralisation, à la rentrée, du dispositif « Eclair », toujours sans concertation et sans  véritable évaluation des expérimentations effectuées. Dispositif qui, sous couvert de lutter contre la violence, va remplacer les RAR et les ZEP en renforçant l’autonomie des établissements en matière de recrutement et de gestion des moyens.

Est-ce ainsi que vous luttez contre l’échec et le décrochage scolaire ? Est-ce ainsi que vous remédiez, dès l’école primaire, à l’insoutenable lourdeur des inégalités sociales et scolaires dans les quartiers populaires ?

Le ministère s’entête à poursuivre sa politique de suppressions massives de postes (16 000 postes supprimés pour l’année 2011 qui viennent s’ajouter aux 46 000 suppressions de ces 4 dernières années, soit 60 000 suppressions sur 5 ans !) alors qu’une récente étude de l’OCDE a confirmé la dégradation du système éducatif français :

– avec 6,1 enseignants pour 100 Ă©lèves ou Ă©tudiants, la France est le pays qui a le taux d’encadrement le plus faible des pays de l’OCDE,

– les Ă©lèves les plus fragiles reprĂ©sentent 20 % des effectifs en 2010, contre 15 % en 2000.

Et alors que deux Associations de Maires, l’Association des maires ruraux de France et L’Association des maires de France ont demandé récemment, l’un au ministre de l’Education, l’autre au Président de la République, de revenir sur ces suppressions de postes.

D’ailleurs, pouvez-vous nous faire l’état pour l’année 2010/2011 des heures d’enseignement non effectuées et dues aux élèves ? Et pouvez-vous nous indiquer le nombre de postes vacants intégralement ou partiellement dans les fonctions de médecins, d’infirmières, d’assistantes sociales et de psychologues et leur localisation, en 2010/2011 et à ce jour ?

Nous exigeons l’arrêt de la politique actuelle de démantèlement de l’Ecole publique !

Le service public d’éducation de proximité doit être accessible à toutes les familles, partout sur le territoire.

Le nombre d’élèves dans les classes doit permettre une prise en charge personnalisée de chacun.

Les collèges doivent disposer des moyens nécessaires pour scolariser les 40 000 nouveaux élèves de sixième à la rentrée prochaine !

L’accès à l’Ecole maternelle doit être un droit pour tout enfant dont la famille le demande, dès l’âge de deux ans !

L’Education nationale doit assurer la continuité du service public et remplacer les enseignants absents dès la première heure !

Les RASED doivent être développés pour aider l’ensemble des élèves qui en ont besoin !

La scolarisation des enfants handicapés doit être effective, avec des personnels d’accompagnement qualifiés et formés.

L’éducation prioritaire doit devenir la priorité : donner plus à ceux qui ont moins !

La formation des enseignants avec alternance cours/stage doit être rétablie et comporter l’apprentissage de la pédagogie, de la psychologie de l’enfant et de l’adolescent, de la gestion d’une classe et des relations avec les parents.

Nous voulons une Ecole publique, laïque et républicaine, une Ecole dans laquelle les élèves pourront vivre et apprendre, sans discrimination d’aucune sorte.
Nous voulons une Ecole portée par un projet éducatif ambitieux pour l’enfance et la jeunesse, accompagnant les élèves dans un processus de formation tout au long de la vie et s’appuyant sur une formation initiale solide.
Nous voulons une Ecole bienveillante envers ses élèves et leurs parents, respectueuse de ses personnels et exigeante sur les valeurs de la République.

Nous exigeons un collectif budgétaire pour l’Education nationale pour 2011 et une loi de programmation pour l’éducation et la jeunesse pour 2012 !

L’école n’est pas une charge, c’est un investissement pour notre pays et pour l’avenir.

Vous n’êtes pas sans le savoir, dans notre département, les parents d’élèves sont mobilisés et très déterminés dans de nombreuses écoles où des suppressions de classes ou des ouvertures différées leur paraissent, au vu des chiffres, totalement injustifiées. Citons, à titre d’exemple :

– Ă  Maisse,  blocage de la route principale sur une journĂ©e

– Ă  Athis-Mons, occupation de l’école Calmette tous les matins

– Ă  VillabĂ©, manifestations rĂ©gulières devant l’école Ariane

– Ă  Saintry, camping dans la cour de l’école 24 h sur 24

– etc.

Pour l’Essonne, non seulement nous demandons l’annulation de l’ensemble des fermetures de classe actuellement prévues et le maintien des classes faisant l’objet d’une fermeture différée, mais nous exigeons qu’un véritable Plan d’urgence soit mis en place à la rentrée : Postes d’enseignants, personnel de vie scolaire, médecins, infirmières, assistants sociaux, psychologues… Pour cela, sachez-le, nous continuerons à nous mobiliser, en particulier, lors de la rentrée.

Enfin, pour finir, permettez-nous ces quelques considérations :

Notre combat ne peut pas être exclusivement consacré au refus des suppressions de postes et à l’exigence de moyens. Car nous ne pouvons pas fuir le débat idéologique et pédagogique dont dépend la transformation pédagogique dont l’Ecole a besoin.

Car aujourd’hui – qui en doute ?- l’Ecole, telle qu’elle fonctionne avec ses programmes et ses prĂ©jugĂ©s, n’est plus en phase avec les nouveaux enjeux de notre sociĂ©tĂ© en rapide mutation. Les nouvelles technologies, en particulier, ont bouleversĂ© les rapports aux adultes et aux savoirs.

Nous, parents d’élèves Fcpe, voulons que les structures de l’enseignement, les programmes et le système d’évaluation changent, pour mettre en valeur ce que les élèves savent, sans rechercher les carences, sans stigmatiser. Nous voulons en finir avec la règle quasi comptable du « une heure, un groupe, un enseignant, une salle ». En finir avec le triptyque « devoirs, notes, redoublement ». En finir avec la compétition affolée qui s’impose à tous les niveaux scolaires et pousse à imposer aux enfants toujours plus de devoirs, de travail, de sanctions, de stress et de fatigue…

C’est d’ailleurs pourquoi il va falloir reprendre complètement la formation des enseignants. ET leur recrutement. Qui peut croire que l’on s’improvise enseignant, que ce n’est pas un mĂ©tier qui s’apprend – le seul ! – un mĂ©tier auquel on se forme, et longtemps ? Il n’y a rien Ă  nĂ©gocier dans cette rĂ©forme car rien n’est acceptable ! Nous voulons pour les enseignants de nos enfants deux vĂ©ritables annĂ©es de formation professionnelle en alternance.

Nous  tenons à rappeler que l’école existe pour les élèves et non l’inverse !

« Le service public de l’Ă©ducation est conçu et organisĂ© en fonction des Ă©lèves et des Ă©tudiants ». C’est la loi du 10 juillet 1989.

Mais le gouvernement actuel en fait fi et l’Education nationale a oublié de s’intéresser aux élèves. C’est grave !

Monsieur le Préfet, Monsieur l’Inspecteur d’Académie, nous attendons des réponses précises de votre part.

Merci pour votre Ă©coute.

Pour les représentants FCPE,

Patrice Coulon

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